Liban

J’ai 36 ans, la guerre en a 40

Je n’étais qu’une enfant qui ne comprenait pas trop ce qui se passait dans mon pays, le Liban. Je me souviens d’avoir vu mes parents arriver en pleine journée à l’école. C’était la récré. D’autres parents arrivaient aussi. Il y avait de l’agitation dans les couloirs. Ce n’est qu’une fois arrivée dans la voiture que je me suis rendu compte que je ne suis pas remontée en classe pour reprendre mon cartable.

Madame est bien désolée d’être une femme

femme triste

Ce jour-là, je suis la reine. On loue ma féminité. On m’offre des fleurs, on m’écrit des poèmes. On crie sur tous les toits que le monde a besoin de moi. On salue la mère, la soeur, l’épouse, l’amie qui vivent en moi. On m’applaudit pour avoir fait des études. On me félicite, car j’ai réussi à me choisir un métier, à mener une carrière… Je souris, je remercie. Je feins d’être reconnaissante.